Une interface de programmation d’application (API) est un ensemble de règles et de spécifications qui régissent la manière dont deux applications peuvent interagir, généralement via Internet. Une API est également connue comme la « porte d’entrée » d’une application. Elle enrichit l’écosystème de développement en facilitant la création de solutions s’appuyant sur des plateformes existantes, plutôt qu’en repartant de zéro.
Par exemple, les développeurs qui travaillent sur une application de voyage peuvent utiliser les fonctionnalités d’une API pour récupérer les données d’une application météo, plutôt que de développer leurs propres fonctionnalités liées aux données météorologiques. Ils peuvent également importer les tarifs et les disponibilités des hôtels et des compagnies aériennes.
Les API sont devenues de plus en plus populaires, les entreprises cherchant à offrir une meilleure expérience utilisateur à leurs clients en assemblant des composants logiciels de premier ordre. Toutefois, cette popularité croissante a également fait des API une cible privilégiée des cybercriminels.
Ce guide présente les vulnérabilités les plus critiques en matière de sécurité des API et propose 12 façons pour les entreprises de sécuriser leurs API.
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Importance de la sécurité des API
La sécurité des API est essentielle pour les entreprises, car les API servent souvent à connecter des systèmes disparates et à partager des données. Ces données peuvent inclure des informations sensibles, telles que des données financières, des informations personnelles ou des dossiers médicaux. Par conséquent, les vulnérabilités liées à la sécurité des API peuvent entraîner des violations de données, le vol d’informations client ou une atteinte à la réputation de l’entreprise.
La sécurité des API est également cruciale, car les API servent souvent à exposer des systèmes et des données internes à des développeurs externes. Cette démarche répond à diverses raisons, comme permettre l’intégration de partenaires ou offrir aux développeurs tiers un moyen de créer de nouvelles fonctionnalités par-dessus une plateforme existante.
Cependant, exposer des systèmes et des données internes à des développeurs externes comporte également des risques. Par exemple, si une API n’est pas correctement sécurisée, elle peut permettre un accès non autorisé à des données sensibles. En outre, les cybercriminels peuvent exploiter les vulnérabilités de sécurité des API pour lancer des attaques par déni de service (DoS) ou prendre le contrôle de comptes.
Les vulnérabilités les plus critiques en matière de sécurité des API
Autorisation défaillante au niveau des objets (BOLA)
BOLA est une vulnérabilité courante qui touche les applications basées sur des API. Elle survient lorsque des champs sensibles au sein d’un objet sont exposés de manière incorrecte.
Un bon exemple est celui des informations personnelles d’un utilisateur qui ne sont pas stockées de manière sécurisée dans une réponse d’API envoyée à son navigateur ou à son appareil mobile. Les attaquants peuvent alors les exploiter pour usurper l’identité de l’utilisateur réel et accéder à son compte.
Authentification défaillante des utilisateurs
Lorsque les identifiants d’un système ne sont pas nécessaires pour effectuer une requête d’API, il s’agit très probablement d’un problème d’authentification défaillante des utilisateurs. Cette vulnérabilité est critique, car une mauvaise implémentation de la procédure d’authentification peut permettre un accès non autorisé à des informations et à des systèmes critiques.
Manque de ressources et limitation du débit
Les serveurs d’API peuvent être surchargés par des requêtes malveillantes qui consomment toutes les ressources disponibles. Cela peut entraîner un déni de service pour les utilisateurs légitimes. La limitation du débit des API est une technique qui permet de contrôler le volume de trafic qu’un serveur d’API peut gérer. Elle contribue à se prémunir contre les attaques DoS et garantit la disponibilité de l’API pour les utilisateurs légitimes.
Mauvaise gestion des actifs
Les clés et les secrets d’API servent souvent à authentifier les requêtes d’API. Si ces clés et secrets d’API ne sont pas correctement gérés, ils peuvent être divulgués et utilisés par des attaquants pour obtenir un accès non autorisé aux ressources de l’API.
Exposition excessive des données
Les réponses des API incluent souvent des données sensibles, telles que des informations utilisateur, des données financières ou des dossiers médicaux. Si trop de points de terminaison d’API renvoient des données sensibles, le risque de divulgation de ces données augmente.
Affectation en masse
L’affectation en masse est une vulnérabilité qui survient lorsqu’un point de terminaison d’API accepte des requêtes contenant trop de paramètres. Les attaquants peuvent l’exploiter pour modifier des données auxquelles ils ne devraient pas avoir accès.
Autorisation défaillante au niveau des fonctions
Les points de terminaison d’API disposent souvent de différents niveaux d’accès selon le rôle de l’utilisateur. Par exemple, un administrateur peut avoir accès à tous les points de terminaison d’API, tandis qu’un utilisateur standard ne peut accéder qu’à certains d’entre eux. Si un point de terminaison d’API ne vérifie pas correctement les autorisations de l’utilisateur, il peut permettre un accès non autorisé.
Injection
Les points de terminaison d’API sont souvent vulnérables aux attaques par injection SQL et par injection de scripts. Les criminels peuvent utiliser ces attaques pour accéder à des données sensibles ou exécuter du code malveillant sur le serveur.
12 bonnes pratiques pour sécuriser les API
Malgré les risques, les entreprises peuvent prendre certaines mesures pour sécuriser leurs API.
- Mettre en œuvre l’authentification et l’autorisation avec OAuth : L’authentification des API consiste à vérifier que les utilisateurs autorisés effectuent les requêtes d’API, tandis que l’autorisation consiste à vérifier que ces requêtes sont effectuées avec les autorisations appropriées. Ces deux processus peuvent être mis en œuvre via OAuth afin d’empêcher tout accès non autorisé aux ressources.
- Chiffrement : Les requêtes et les réponses des API peuvent être chiffrées afin de protéger les données sensibles contre toute fuite. Le chiffrement SSL/TLS peut servir à chiffrer le trafic des API ainsi que les clés d’API pour empêcher leur divulgation.
- Principe du moindre privilège : Le principe du moindre privilège veut que les utilisateurs n’aient accès qu’aux ressources nécessaires à l’exercice de leur fonction. Il peut être appliqué aux points de terminaison en veillant à ce que chacun dispose du niveau minimal d’accès requis.
- Limiter l’exposition des données : Les réponses des API ne doivent renvoyer que les données nécessaires. Les points de terminaison d’API qui renvoient des données sensibles doivent être réservés aux utilisateurs autorisés.
- Appliquer une limitation du débit : La limitation du débit des API est une technique qui permet de contrôler le volume de trafic qu’un serveur d’API peut gérer. Elle contribue à se prémunir contre les attaques DoS et garantit la disponibilité de l’API pour les utilisateurs légitimes.
- Valider les entrées des API : La validation des entrées des API vérifie que les requêtes contiennent des données valides, ce qui peut contribuer à empêcher le traitement de requêtes malveillantes par le serveur.
- Gérer correctement les clés et les secrets d’API : Une clé d’API est essentiellement l’identifiant d’un utilisateur, tandis que le secret d’API est un « mot de passe » ou un code servant à valider cet identifiant. Une clé et un secret d’API ne doivent être partagés qu’avec des utilisateurs autorisés.
- Surveiller le trafic des API : La surveillance du trafic des API consiste à surveiller les requêtes d’API afin de détecter toute activité malveillante.
- Consigner l’activité des API : La journalisation de l’activité des API consiste à enregistrer les requêtes et les réponses des API. Elle peut contribuer à détecter les activités malveillantes et à diagnostiquer les problèmes.
- Mettre régulièrement à jour les API : Il est essentiel de maintenir les logiciels d’API à jour afin de corriger les vulnérabilités de sécurité.
- Adopter une philosophie de confiance zéro : Dans un modèle de confiance zéro, toutes les requêtes d’API doivent être considérées comme non fiables. Ce principe peut être appliqué en mettant en place une authentification et une autorisation pour toutes les requêtes d’API.
- Utiliser des solutions de gestion des API : outils et plateformes de gestion des API contribuent à sécuriser les API en fournissant l’authentification, l’autorisation, la limitation du débit et la surveillance du trafic dans un environnement sécurisé. En outre, ces outils servent d’interface entre votre entreprise et les développeurs. Ils vous permettent de décider à quelles ressources les clients peuvent accéder, de définir des restrictions d’utilisation pour chaque API, de surveiller qui les utilise le plus fréquemment et de quelle manière, de réglementer les mesures de sécurité telles qu’OAuth ou les restrictions par adresse IP, et bien plus encore.
Que nous réserve l’avenir ?
Avec la croissance massive des microservices, la pression exercée sur les développeurs pour créer des applications plus rapidement et la généralisation prochaine des appareils IoT, les API continueront de se développer, avec une hausse proportionnelle des préoccupations liées à leur sécurité.
Les solutions de gestion des API deviendront plus sophistiquées et plus faciles à utiliser, ce qui favorisera leur adoption. À mesure que de nouvelles menaces apparaîtront, les bonnes pratiques en matière de sécurité des API continueront d’évoluer. Les entreprises doivent donc se tenir régulièrement informées des dernières actualités et tendances en matière de sécurité des API afin de préserver la sécurité de leurs applications.
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