Les avantages de la migration vers le cloud sont nombreux. Des capacités telles qu’une plus grande agilité, une meilleure résilience et des coûts réduits permettent aux entreprises de prendre une longueur d’avance. À mesure que les organisations passent d’un modèle historique à un modèle « as-a-service », choisir un modèle de déploiement cloud adapté à leurs besoins métier constitue l’étape suivante.
Le déploiement cloud est le processus par lequel les charges de travail sont placées dans le cloud. Il fournit un cadre pour mettre en œuvre le XaaS (tout en tant que service), accessible aux utilisateurs à la demande. Avec l’adoption croissante du cloud computing, plusieurs modèles de déploiement sont apparus. Les plus courants sont les clouds public, privé, hybride et multicloud, le déploiement étant assuré par un fournisseur de services cloud (CSP), une organisation ou une combinaison des deux.
Toutefois, pour bien comprendre les options de déploiement, les clients doivent d’abord savoir ce qui différencie un modèle d’un autre puis choisir le plus adapté à leurs besoins.
Pourquoi avons-nous besoin de différents modèles de déploiement ?
Karl Adriaenssens, du bureau du CTO de GCSIT, explique : « Si les technologies qui sous-tendent un cloud privé et un cloud public sont très similaires, les cas d’usage de leur mise en œuvre respective sont très différents. Le cloud public est particulièrement performant en matière de scalabilité et de délestage des tâches opérationnelles des équipes d’infrastructure internes, tandis qu’un cloud privé est privilégié lorsqu’un contrôle de la sécurité est nécessaire ou lorsque la latence rend le cloud public problématique. »
Ainsi, même si « les infrastructures cloud publiques et privées sont toutes deux des options de déploiement viables, les organisations modernes doivent trouver un équilibre entre les atouts de chaque modèle lorsqu’elles prennent leurs décisions ».
Raymond Chan, ingénieur commercial cloud chez Tufin, explique : « Les caractéristiques du cloud privé séduisent de nombreuses entreprises qui souhaitent garder un contrôle plus direct sur leurs ressources informatiques, tandis que les services de plus en plus sophistiqués proposés par les fournisseurs de cloud public (par exemple le ML, la recherche et le serverless) le rendent particulièrement adapté aux charges de travail des entreprises. »
Les besoins de chaque entreprise sont différents. Il ne peut donc pas y avoir d’approche universelle du déploiement cloud. Poursuivez votre lecture pour découvrir les principales différences entre les clouds public et privé, ainsi que la place du cloud hybride dans cette discussion.
À lire également : Qu’est-ce que le Cloud Security Posture Management (CSPM) ?
Qu’est-ce qu’un cloud public ?
Un cloud public est un modèle de déploiement cloud dans lequel tout, des serveurs au stockage, est détenu et exploité par des fournisseurs tiers, les services étant fournis via Internet. Il est populaire, car il n’exige pas de dépenses d’investissement importantes de la part de l’utilisateur, ce qui permet de réaliser des économies substantielles.
Il convient de préciser ici que, les serveurs étant déployés dans un environnement mutualisé, les services informatiques sont partagés entre différents utilisateurs. Le client ne paie donc que les services qu’il utilise.
« Dans un environnement de cloud public, vous payez généralement à l’usage : vous ne payez que les ressources dont vous avez besoin, tout en bénéficiant d’une mise à l’échelle automatique des ressources qui n’est pas limitée à un ensemble fixe de ressources », explique Jeremy Couser, responsable du développement chez Nuspire. « De nombreux fournisseurs de cloud public assurent également la maintenance de fonctions de sécurité robustes afin de garantir une segmentation hautement sécurisée et redondante des données des clients. »
Alors que les dépenses mondiales consacrées au cloud public devraient atteindre 482 milliards de dollars américains en 2022, les clouds publics semblent être l’option privilégiée des entreprises peu préoccupées par la sécurité cloud. Les solutions de cloud public les plus populaires sont le trio des hyperscalers composé d’ AWS, Microsoft Azure, et de Google Cloud Platform.
Avantages
- Coûts réduits. Dans un cloud public, le consommateur ne paie que ce qu’il consomme. Comme un fournisseur tiers prend en charge l’infrastructure, les utilisateurs n’ont pas à engager de dépenses d’investissement (CAPEX), ce qui réduit leurs coûts globaux.
- Très fiable. Grâce à des zones de disponibilité et à des centres de données redondants répartis dans le monde entier, les clouds publics servent les utilisateurs 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. En cas de panne dans une région, l’utilisateur bénéficie toujours d’un service ininterrompu, ce qui fait du cloud public une option extrêmement fiable.
- Hautement évolutif. La mise à l’échelle sur site nécessite souvent une planification préalable de la capacité et entraîne également des coûts supplémentaires. Le cloud public permet une mise à l’échelle automatisée : les applications augmentent ou réduisent automatiquement leurs ressources en fonction de l’évolution de la demande.
- Sécurisé. Lorsque les entreprises migrent vers le cloud public, il incombe au CSP de les protéger contre les cyberattaques. Malgré tout, Gartner indiquant que 99 % des défaillances de sécurité cloud sont imputables au client, les utilisateurs du cloud doivent comprendre que la sécurité relève d’une responsabilité partagée, et pas uniquement du fournisseur.
À lire également : Services cloud managés pour les entreprises SaaS
Inconvénients
- Moins de contrôle. Dans le cloud public, les consommateurs sont à la merci du CSP. Par exemple, si l’utilisateur final n’a pas prévu de redondance et qu’une panne survient, il n’a d’autre choix que d’attendre le rétablissement des services.
- Problèmes de conformité. Lorsqu’ils utilisent le cloud public, les utilisateurs ignorent souvent où résident leurs informations. Déployer des charges de travail au mauvais endroit sur le plan géographique peut entraîner des problèmes de conformité et exposer l’entreprise à des amendes réglementaires.
- Préoccupations en matière de sécurité. L’un des principaux inconvénients d’un environnement mutualisé réside dans sa vulnérabilité aux attaques externes menées par des utilisateurs malveillants partageant le même environnement, ce qui met les données sensibles en danger. En outre, pour les entreprises qui doivent respecter des normes de conformité strictes, un environnement mutualisé peut poser problème.
Qu’est-ce qu’un cloud privé ?
Un cloud privé est probablement la meilleure option si vous souhaitez mieux contrôler vos données et votre infrastructure. Il peut être installé sur site ou géré par un CSP tiers pour l’usage exclusif d’une organisation. Grâce à son environnement à locataire unique, les données de chaque utilisateur sont isolées de celles des autres utilisateurs, ce qui permet aux entreprises d’assurer une isolation réseau importante de leurs données essentielles. Les entreprises dont les activités sont critiques privilégient souvent le cloud privé pour le contrôle accru qu’il offre sur leur environnement.
« Le cloud public n’est toujours pas présent partout dans le monde sur le plan géographique, explique Adriaenssens. Même si la technologie et la couverture géographique s’améliorent régulièrement, nous ne pouvons pas ignorer les contraintes liées à la vitesse de la lumière et la latence qui en découle. C’est pourquoi les déploiements de clouds privés offrent encore d’importantes perspectives. »
Avantages
Un contrôle accru. L’un des principaux avantages d’un cloud privé est le contrôle accru de votre infrastructure. Le cloud privé peut être installé sur site ou hébergé par un CSP tiers, mais dans tous les cas, les ressources sont réservées à l’usage exclusif de l’entreprise.
Une sécurité renforcée. Un autre avantage du cloud privé réside dans la sécurité qu’il offre. Plutôt que d’accéder aux données via un Internet non sécurisé comme dans le cloud public, les équipes peuvent y accéder uniquement par des liens hautement sécurisés et confidentiels appartenant exclusivement à l’organisation.
Hautement adaptable. Le cloud public offre peu de possibilités de personnalisation, tandis que le cloud privé s’adapte parfaitement aux exigences d’infrastructure propres à chaque organisation.
Inconvénients
Coûts plus élevés. Par rapport au cloud public, les coûts CAPEX et OPEX sont relativement élevés dans le cloud privé. Cela s’explique par le fait que les entreprises doivent engager des dépenses d’investissement initiales pour maintenir le cloud privé en fonctionnement. Elles doivent en outre employer des architectes cloud pour mettre en place et fournir l’infrastructure cloud, ce qui augmente les coûts.
Mise à l’échelle difficile. Bien que les clouds privés permettent une mise à l’échelle, ils sont par nature limités à l’infrastructure restreinte gérée par l’organisation. Le contraste est marqué avec le cloud public, où il est possible d’utiliser des ressources de calcul illimitées et de faire évoluer les capacités en fonction des besoins.
À lire également : Gérer la sécurité dans les environnements multicloud
Avantages du cloud hybride
Pour tirer parti des deux, de nombreuses organisations utilisent une combinaison de clouds publics et privés, appelée cloud hybride. Un modèle hybride offre aux entreprises une plus grande flexibilité pour déployer leurs charges de travail dans des clouds privés ou publics en fonction de leurs besoins changeants. Une entreprise peut ainsi conserver les informations hautement sensibles dans un cloud privé tout en tirant parti du cloud public pour stocker les données moins critiques.
Le cloud hybride, dont la valeur s’élevait à 56 milliards de dollars en 2020, devrait atteindre 145 milliards de dollars en 2026. En outre, une enquête mondiale menée auprès des décideurs et des utilisateurs du cloud a révélé que 82 % des répondants avaient opté pour un cloud hybride dans leur organisation, ce qui témoigne de l’adoption croissante du modèle hybride parmi les utilisateurs du cloud.
« À l’avenir, il est raisonnable de s’attendre à ce que la plupart des organisations innovantes adoptent une approche hybride, affirme Chan. Elles utiliseront les ressources de cloud privé pour les charges de travail dont les besoins en ressources de calcul et de stockage sont relativement inélastiques (ou pour celles qui gèrent des données sensibles dans des régions où la résidence des données peut poser problème), et les infrastructures de cloud public pour les charges de travail dont les ressources de calcul sont très élastiques.
« Mais dans ces environnements hybrides publics/privés, il est essentiel que les organisations utilisent une solution d’orchestration des politiques de sécurité prenant en charge les technologies sur site, privées et publiques afin de garantir l’application de politiques de sécurité cohérentes dans l’ensemble de l’environnement hétérogène. »
Migrer vers le cloud constitue une étape importante pour les entreprises. Une stratégie de migration cloud réussie consiste à déployer un modèle informatique adapté à l’activité de l’entreprise, qui contribue à améliorer la gestion du cloud et à obtenir de meilleurs résultats métier.
À lire ensuite : Stratégies efficaces de migration cloud pour les réseaux d’entreprise